
« La première et fondamentale résistance est celle de l’esprit. Elle nécessite de résister à l’intimidation de tout mensonge asséné comme vérité, à la contagion de toutes ivresses collective. (…) Elle exige de résister à la haine et aux mépris. Elle prescrit le souci de comprendre la complexité des problèmes et des phénomènes plutôt que de céder à une vision partielle ou unilatérale. Elle requiert la recherche, la vérification des informations et l’acceptation des incertitudes. »
Edgar Morin, S’il est minuit dans le siècle. La première et fondamentale résistance est celle de l’esprit, Paris, Ed. de l’Aube, 2024
Droits d’auteur
La reprise des articles de Vendredi est libre, à condition de respecter les règles de la licence 4.0 de Creative Commons (attribution, pas d’utilisation commerciale, pas de modifications), mais les images ne sont pas incluses dans cette licence générale. Les vidéos, photographies et dessins réalisés pour Vendredi sont donc protégés par les droits d’auteur (copyright), notamment par les dispositions du Code français de la propriété intellectuelle (article L.122-4), et ne peuvent être repris sans demande préalable à effectuer via notre page de contact.
Par principe, Vendredi se refuse à demander la moindre cession des droits moraux et patrimoniaux sur les œuvres qu’il publie, celles-ci restant donc la propriété intégrale et exclusive de leurs auteur(e)s.
Déontologie
La rédaction s’engage à respecter les règles d’éthique professionnelle des journalistes, dites « de devoirs et de droits », formulées par les chartes reconnues par la profession (notamment la Charte mondiale d’éthique des journalistes, adoptée lors du 30e congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes – FIJ, à Tunis, le 12 juin 2019, ou la charte dite « de Munich » adoptée par la Fédération européenne des journalistes en 1971). Sa propre charte éditoriale intègre les règles de ces chartes internationales.
Droit à l’image
Le journalisme humaniste (concerned) se traduit souvent par des prises de vue (photo, vidéo) dans des situations spontanées et des lieux ouverts au public (nature, rue, transports en commun, manifestations…). Les images fixes ou animées publiées par Vendredi sont protégées par le droit à l’information et celui de la liberté d’expression. Cependant, si vous apparaissez sur certaines d’entre elles et que vous ne souhaitez pas y figurer, envoyez-nous un message pour nous le signifier.
Indépendance
« L’indépendance n’est pas un état de choses. C’est un devoir. »
Vaclav Havel, Méditations d’été (1991)
L’indépendance est le fondement même de notre pratique éditoriale. Elle est la première condition de la vérité, cette « question décisive » (Daniel Cornu, Éthique de l’information, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? », 1999, p. 42, et Journalisme et vérité. Pour une éthique de l’information, Genève, Labor & Fides, 1994).
Le programme du Conseil national de la Résistance (CNR), adopté en 1944 sous le titre « Les jours heureux », proposait, entre autres, « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression, la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères, la liberté d’association, de réunion et de manifestation ».
Ce programme fut la source d’inspiration des ordonnances de 1944. Ses principes ont aussi été affirmés par la jeune Fédération nationale de la presse française dans sa Déclaration des droits et des devoirs de la presse :
« Art. 1. La presse n’est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de défendre des idées, de servir la cause du progrès humain.
Art. 2. La presse ne peut remplir sa mission que dans la liberté et par la liberté.
Art. 3. La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale ni des puissances d’argent mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. »
Charte
La charte de Vendredi concerne toutes ses coopératrices et tous ses coopérateurs. Elle exprime l’éthique de sa communauté éditoriale. Elle dépasse donc sa seule activité rédactionnelle, sa responsabilité juridique et la déontologie des journalistes qui s’imposent cependant à toutes ses créations et productions, autant que le respect scrupuleux du droit à l’image et des droits d’auteur.
Cette charte s’applique à tous les supports, numériques ou imprimés, que Vendredi est amené à utiliser.
Articles
1. Vocation démocratique
1.1 La liberté d’expression, la liberté d’information et, en conséquence, la liberté de la presse sont essentielles à la démocratie[1]. Vendredi adhère à cette vocation démocratique de la presse libre et indépendante. Souscrivant aux raisons d’être du Fonds pour une presse libre (FPL), Vendredi entend assurer une mission d’intérêt général : « Défendre la liberté de l’information, le pluralisme de la presse et l’indépendance du journalisme ; contribuer à la protection du droit de savoir et de la liberté de dire à l’heure de la révolution numérique ; promouvoir un journalisme d’intérêt public, portant des valeurs humanistes, au service du bien commun et de l’égalité des droits, du rejet des discriminations et du refus des injustices ».
1.2 Vendredi publie des informations, des analyses, des reportages et des enquêtes, textes, photographies et vidéos, et nourrit les débats d’idées. Le titre assume l’expression libre et responsable des différents points de vue, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des personnes.
1.3 Il revendique sa liberté d’information, protège ses sources et défend le principe de l’accès aux documents officiels. Il ne cède jamais à la pression qui s’exercerait sur lui pour empêcher le débat public ou son accès libre et protégé aux sources d’information.
1.4 Vendredi veille tout particulièrement au respect de la personne humaine et de ses choix d’identité.
1.5 Pour les membres de la rédaction de Vendredi, la presse a aussi pour mission de révéler ou d’apporter les éclairages inédits sur des faits qui pourraient être sujets à critiques, particulièrement s’ils sont cachés à dessein et soustraits à l’exercice de la démocratie.
2. Responsabilité
2.1 Garant des valeurs et de la mission de Vendredi, le directeur de la publication porte la responsabilité de tous les contenus publiés sous son titre, quels qu’ils soient. Toutes les coopératrices et tous les coopérateurs du collectif œuvrent dans le cadre et sous couvert de cette responsabilité.
2.2 Cependant, chaque coopératrice ou coopérateur de Vendredi engage sa responsabilité, sa crédibilité et son intégrité, et défend à ce titre les mêmes valeurs fondamentales que celles de toute la rédaction. Elle et il agit ainsi indépendamment de tout intérêt personnel, clanique voire sectaire, ou d’objectifs mercantiles qui pourraient corrompre son respect des faits.
2.3 Aucune coopératrice ni coopérateur de Vendredi ne peut utiliser cette qualité pour la poursuite d’intérêts particuliers.
3. Conduite journalistique
3.1 La source d’une information doit être clairement identifiée, même si elle est ensuite anonymisée, lors de la publication, par nécessité de protection.
3.2 Toute source d’information doit être impérativement protégée, quand et autant qu’elle le souhaite. La rédaction de Vendredi est garante de cette protection, à moins que la source ait accepté ou décidé par elle-même de dévoiler son identité. De la même manière, les documents qui ont été remis à Vendredi, qui ont été utilisés pour la production d’une information, ou ceux qui n’ont pas été publiés, doivent bénéficier de la même garantie de protection.
3.3 Cependant, le directeur de la publication, qui porte en priorité la responsabilité pénale et éditoriale des contenus publiés, peut demander l’identification des sources d’information protégées par une coopératrice ou un coopérateur à la rédaction de Vendredi.
3.4 Dans le cas de la nécessité d’un anonymat total, la coopératrice ou le coopérateur de Vendredi, ayant conscience de sa responsabilité, prend toutes les dispositions nécessaires pour vérifier la fiabilité de sa source et l’authenticité des informations apportées. Il s’impose des exigences strictes sur l’évaluation de sa source. Il multiplie autant que possible le nombre et la diversité de ses sources (recoupement) pour vérifier une information frappée d’anonymat. L’utilisation d’une information fournie par une source anonyme nécessite, plus que toute autre, un contrôle strict de la véracité de l’information.
3.5 De façon générale, le traitement d’informations et leur publication se conçoivent nécessairement dans la diversité de la recherche, le recoupement et la vérification, principes indissociables de la pratique du journalisme.
3.6 Les citations insérées dans un article doivent être exactes, situées dans leur contexte et matérialisées typographiquement comme telles. L’exploitation d’informations ou d’analyses produites par d’autres publications (presse, livres…) doit faire l’objet de citations en bonne et due forme. Il va de soi que le plagiat est totalement proscrit.
3.7 La relecture d’un entretien (interview) par une source se conçoit, si elle le demande, dès lors que cette source est évidemment propriétaire de sa pensée et libre de son propos. Cette pratique respectueuse des interlocutrices et interlocuteurs de Vendredi doit contribuer à sa bonne réputation. Cette relecture autorise des corrections de forme, mais ne peut modifier le fond du propos recueilli et doit respecter un délai ne mettant pas en cause la pertinence de la publication de tout ou partie de l’entretien.
3.8 Les moyens frauduleux pour obtenir une information sont proscrits. Les caméras ou micros cachés ne peuvent être utilisés que dans des conditions particulières, notamment si aucun autre moyen n’est utilisable pour dévoiler une information essentielle pour l’intérêt public. Cette pratique exceptionnelle doit être autorisée par le directeur de la publication.
3.9 Vendredi ne rémunère pas ses sources en échange d’informations, ni les personnes interviewées.
3.10 Le respect de la présomption d’innocence est une condition de la publication d’informations mettant en cause des personnes. De la même manière, le principe du débat contradictoire étant un souci constant de Vendredi, si des personnes doivent être mises en cause, il est indispensable qu’elles puissent exprimer leur point de vue. Si ce principe de base ne peut être respecté, quelle qu’en soit la cause, la publication doit en faire mention.
3.11 Si une information erronée a été publiée, elle doit être corrigée le plus tôt possible. À ce propos, Vendredi applique les principes d’une correction transparente et honnête, définis, entre autres, par l’International Fact-Checking Network (IFCN). Les rectifications sont portées à la connaissance du public de manière claire et formelle.
3.12 De façon générale, les images fixes ou animées et les textes publiés par Vendredi ne doivent pas porter atteinte à la vie privée, mettre en danger la vie d’autrui, être dégradante pour les êtres humains et non-humains. Les reporters de Vendredi utilisent la plate-forme FairConsent de consentement éclairé proposée par le réseau de journalisme éthique Fairpicture. L’identité des mineurs est strictement protégée.
[1] Cet objectif d’intérêt général est inscrit dans la Constitution de la République française et consolidé par la Cour européenne des droits de l’homme, comme précisément exposé par les statuts du Fonds pour une presse libre (FPL) :
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme », énonce l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.
« La publicité est la sauvegarde du peuple », ajoutait, à l’été 1789, Jean Sylvain Bailly, qui fut président du Tiers-État lors du Serment du Jeu de Paume, puis premier maire de la Commune de Paris, soulignant ainsi que le droit de savoir tout ce qui est d’intérêt public conditionne l’exercice sincère et légitime du droit de vote.
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières (sic), les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit », proclame l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
« Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière (sic) », précise l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (1950).
La liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens. Le droit à l’information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu’à la diversité des opinions est une liberté fondamentale de tout être humain. Sans information libre sur la réalité, ambitieuse dans ses moyens et pluraliste dans ses fins, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique. Régime de tous les citoyens, sans privilège de naissance, de diplôme ou de fortune, une véritable démocratie suppose que tous soient pareillement informés pour être libres dans leurs choix et autonomes dans leurs décisions.
Principe à valeur constitutionnelle reconnu par la jurisprudence, la liberté de la presse est donc une liberté fondamentale d’autant plus précieuse que son exercice est l’une des garanties essentielles du respect des autres droits et libertés. Son exercice suppose le pluralisme de la presse d’information politique et générale, lequel est « en lui-même un objectif de valeur constitutionnel », affirme le Conseil constitutionnel. Lequel précise, dans la même décision du 11 octobre 1984, que « la libre communication des pensées et des opinions, garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ne serait pas effective si le public n’était pas à même de disposer d’un nombre suffisant de publications de tendances et de caractères différents ». « En définitive, conclut le Conseil constitutionnel, l’objectif à réaliser est que les lecteurs qui sont au nombre des destinataires essentiels de la liberté proclamée par l’article 11 de la Déclaration de 1789, soient à même d’exercer leur libre choix sans que ni les intérêts privés ni les pouvoirs publics puissent y substituer leurs propres décisions ni qu’on puisse en faire l’objet d’un marché. »
Ce pluralisme implique le respect de l’indépendance des rédactions qui doivent pouvoir remplir leur mission d’intérêt général, au service du droit de savoir des citoyens, sans être soumis aux pressions des intérêts privés ou des pouvoirs publics, afin d’agir librement dans le seul et strict cadre de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, telle que rédigée et appliquée à ce jour.
